Édition 2010

2010, année de la biodiversité. Agir : ici, ensemble et... à temps

À propos du thème

Dans chaque quartier bruxellois, on peut trouver des espèces qui, sans être directement menacées de disparition (localement ou globalement), connaissent une régression progressive, discrète mais généralisée. Des actions de proximité peuvent donc être imaginées, pour garder de telles plantes, animaux (ou champignons...) avec nous. Des mesures simples peuvent être efficaces, si elles sont prises à temps, c'est-à-dire avant que les espèces aient dépassé un certain seuil de rareté, au-delà duquel la tâche se complique souvent, ou devient très aléatoire. En effet, une fois devenues rares, de nombreuses espèces éprouvent des difficultés à se reproduire (à trouver un partenaire par exemple), à coloniser de nouveaux sites... ou bien les efforts de conservation peuvent être ruinés par une seule saison défavorable par ses conditions météo.

Mais l'érosion de la biodiversité ne se traduit pas qu'au niveau des espèces. Plus préoccupante encore est la raréfaction progressive, ou l'altération durable, des habitats: les milieux qui abritent la vie sauvage. Même si, en ville, ils ont tous été créés par une activité humaine et restent sous son influence directe, leur intérêt est réel lorsque la nature peut s'y exprimer spontanément. Le citoyen éprouve un sentiment d'impuissance face à la pression foncière considérable qui aujourd'hui encore grignotte divers fleurons de la biodiversité à Bruxelles (vastes complexes de friches). Cependant, de petits éléments du paysage urbain tels que talus, petites friches, bosquets avec vieux arbres... ont également leur importance et peuvent être pris en charge, ou créés (plantation de haies par exemple), par des habitants dans une démarche participative. Ici aussi, il faut agir "à temps", car une fois devenus trop isolés dans le tissu urbain, ces milieux de vie ne pourront plus toujours jouer leur rôle de relais pour la flore et la faune sauvages.

Pour être efficace et durable, l'action doit aussi être collective et commencer par une large sensibilisation. Celle-ci permet de mettre en évidence le rôle social de la biodiversité urbaine - qui peut être vue comme une composante de la qualité de vie des citadins, autant que comme un patrimoine accessible à tous.

C'est pourquoi, en 2010, le Prix Paul Duvigneaud de l'Education permanente à l'Environnement urbain a soutiendou, par la somme de 2.500 EUR, un projet pédagogique centré sur l'une ou l'autre de ces facettes de la biodiversité en Région Bruxelloise.
Les friches ensoleillées
Les friches ensoleillées sont de hauts lieux de la biodiversité urbaine, dont la flore et la faune spontanées sont originales. En voici quelques exemples.

Il faut agir rapidement pour ces habitats en Région bruxelloise, mais cela implique un important travail de sensibilisation du public, qui en a une perception négative.

En pratique

L'appel à projets courait jusqu'au 1er juin 2010. 6 dossiers de candidature ont été reçus, parmi lesquels un jury pluraliste a désigné comme lauréat le Comité Plateau Engeland / Puits, actif dans ces quartiers d'Uccle, pour son projet intitulé "Aurore sur Engeland".
En utilisant comme emblèmes le papillon Aurore et les principales plantes nourricières de ses chenilles, les cardamines, il a pour objectifs:
  • la sensibilisation des habitants à une gestion plus écologique de leurs jardins;
  • notamment, pour mettre un terme aux dépôts sauvages de tontes de pelouses;
  • l'aménagement exemplatif de deux espaces verts publics (fauche tardive, semis de pré fleuri, gestion des lisières et plantation de haies d'arbustes indigènes).

Dans ces quartiers qui jouxtent des espaces verts de haute valeur biologique, comme la réserve naturelle régionale du Kinsendael, ces actions pourraient permettre de développer un réseau de sites favorables à l'Aurore, et de manière générale à la biodiversité liée aux milieux semi-ouverts de qualité.