Édition 2013

La ville Écosystème

Le lauréat

Le projet lauréat est celui porté par une association momentanée entre M. Aristide Athanassiadis, jeune chercheur (ULB/BATir) dans le domaine du métabolisme urbain, et l'asbl La Cité des Jeunes, à Saint-Gilles.

Sa première étape a consisté à développer, à destination d'un groupe de jeunes fréquentant l'atelier Street Art de la Cité des Jeunes, un programme d'animations adapté, basé sur une prise de conscience ludique des grands flux qui traversent le quartier de la place Bethléem (eau, gaz, etc.).

Objectif

Développer un projet d’éducation permanente, en Région de Bruxelles-Capitale, permettant de rassembler des publics diversifiés autour d’une vision de la ville basée sur son fonctionnement en écosystème, et allant dans le sens d'une amélioration de celui-ci.
Minéralisation des zones de recul
Végétalisation réfléchie

À propos du thème...

Chaque type d’écosystème est caractérisé, avant tout, par son mode de fonctionnement.

  • Quelle est la principale source d’énergie qui fait « tourner la machine » ?;
  • Comment les espèces vivantes utilisent-elles ces ressources énergétiques, mais aussi l'eau, les nutriments, et l’espace?;
  • Comment interagissent-elles pour cela?

Ce fonctionnement crée des flux (internes ; et entrants/sortants : les écosystèmes ne fonctionnent pas en vase clos !) et des cycles, locaux ou globaux : ceux de l’eau, du carbone, de l’azote et du phosphore, comptent parmi les plus importants.

De tous ces points de vue, une forêt, un lac, un cours d’eau ou un champ cultivé ne se comportent pas de la même manière !

Et la ville moderne a elle-même ses propres caractéristiques de fonctionnement, qui permettent de la considérer comme un type d’écosystème à part entière. On peut citer :
  • la massivité des importations / exportations d’eaux (potabilisées/usées), d’énergie (encore issue majoritairement de ressources fossiles; contribution mineure de l’énergie du soleil au métabolisme global de la cité), de denrées, e.a. alimentaires (l’activité biologique prédominante est celle de l’espèce humaine; elle repose sur des productions externes et génère un grand export de « déchets »);
  • une minéralisation très poussée qui s’oppose aux flux et recyclages locaux qu'assurent habituellement, dans les autres écosystèmes terrestres, les sols (pour l'eau, la matière organique; le stockage du carbone; la fixation d'azote atmosphérique...), qui amplifie aussi des caractéristiques climatiques particulières (élévation de la température de l'air), qui compartimente à l’extrême le réseau écologique (et contrecarre la dispersion de nombreuses espèces);
  • la modification souvent profonde des sols qui subsistent : remaniements physiques (déblais/remblais, compaction) et altérations chimiques (apports anthropogènes d’azote et/ou phosphore, localement de métaux lourds et autres polluants), qui influencent profondément les communautés vivantes (plantes nitrophiles devenant très concurrentielles; excès d’azote rendant nombre de végétaux cultivés plus attrayants pour certains « ravageurs » tels les pucerons, p.ex.).

Les candidatures feront référence à l’un ou l’autre aspect d’une telle approche écosystémique de Bruxelles.

Par exemple, au départ d’un questionnement sur l’impact d’un aménagement sur le cycle de l’eau, de la matière organique et/ou de l’azote, sur le climat local voire global, et/ou sur les rôles joués par le végétal en ville, etc.

La réflexion nécessairement globale qu’implique cette vision écosystémique ne doit pas vous faire reculer !

Elle peut être abordée en éducation permanente via des points de départ très concrets, tels que:
  • l’aménagement d’un espace vert, des "zones de recul...", d'une rue dans le cadre d’un Quartier durable etc ;
  • la promotion des toitures végétalisées, des citernes d’eau de pluie, des toilettes à litière, ou de productions alimentaires régionales ;
  • une utilisation plus rationnelle des énergies ou la valorisation locale de « déchets verts »...

Ne pourrait-on pas dire que, dès le moment où la démarche de Développement durable « Agir localement, penser globalement » est appliquée, le fonctionnement de la ville en écosystème peut s’en trouver amélioré ?

Au bénéfice de ses habitants, mais aussi d’un développement plus harmonieux des autres territoires, proches ou lointains, qu’elle influence.